FESTIVAL DU FILM DE HAÏFA 2026 :

S’engager à ne plus collaborer​.

À l’attention de Charline Bourgeois-Tacquet (A Woman’s Life), Marc Fitoussi (All About Corinne), Ryusuke Hamaguchi (All of a Sudden), Michael Dweck et Gregory Kershaw (Burgundy), Lukas Dhont (Coward), Antonin Baudry (De Gaulle: Liberté), Blerta Basholli (Dua), Marie Kreutzer (Gentle Monster), Pascal Bonitzer (Hugo), Nanni Moretti (It Will Happen Tonight), Šarūnas Bartas (Laguna), Andrey Zvyagintsev (Minotaur), Shahrbanoo Sadat (No Good Men), Asghar Farhadi (Parallel Tales), Bertrand Mandico (Roma Elastica), Marion Le Coroller (Species), Javier Calvo et Javier Ambrossi (The Black Ball), Pierre Salvadori (The Electric Kiss), Benoît Jacquot (The School of Flesh), François Ozon (The Stranger), Olivier Assayas (The Wizard of the Kremlin), Sarah Arnold (Too Many Beasts), Sébastien Laudenbach (Viva Carmen), Lauriane Escaffre et Yvo Muller (Women on Trial), Rudi Rosenberg (Words of Love), İlker Çatak (Yellow Letters), Yanis Belaid et Jérémie Degruson (Yugly).

 

APPEL AUX CINÉASTES, AUX ACTEUR.ICES, AUX PRODUCTEUR.TRICES / DISTRIBUTEUR.TRICES FRANÇAIS.ES DONT LES FILMS SONT PROGRAMMÉS AU FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM DE HAÏFA 2026

Vous savez peut-être qu’en 2004, la société civile palestinienne — y compris l’écrasante majorité des cinéastes, artistes et travailleur·euses culturels palestinien·nes — a lancé un appel à la responsabilité politique et à la solidarité internationale sous la forme d’un boycott des institutions et événements culturels israéliens complices du régime israélien d’apartheid, d’occupation, de colonialisme de peuplement et, aujourd’hui, de génocide contre le peuple palestinien.

Cet appel s’inscrit dans le mouvement non violent Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS), inspiré par la lutte anti-apartheid sud-africaine et le mouvement américain des droits civiques. Le BDS défend la liberté d’expression et s’oppose à toute forme de censure. Il cible les institutions complices — non les individus. Il s’agit d’un boycott des événements et productions soutenus, financés ou promus par l’État israélien et ses relais institutionnels.

 

UN FESTIVAL PARTENAIRE DU GOUVERNEMENT ISRAÉLIEN

Le Festival International du film de Haïfa, le festival dans lequel votre film est programmé, est directement partenaire du gouvernement israélien d’extrême droite, notamment par le biais du ministère de la Culture et des Sports et du Ministère des Affaires Etrangères, profondément complices du nettoyage ethnique des Palestiniens. Il est également financé par la municipalité de Haïfa qui pratique l’apartheid à l’égard de sa minorité palestinienne et abrite des bases militaires et des sociétés de la cyberguerre collaborant avec l’armée israélienne. Haïfa se situe à 150 km du Sud de la Syrie et à moins de 40 km du Sud-Liban, qui sont occupés par Israël et dont de nombreux villages ont été rasés. Haïfa se situe à 45 km de la Cisjordanie où la colonisation et le nettoyage ethnique s’intensifient de jour en jour. Haïfa se situe à 150 km de Gaza, où l’extermination des Palestinien ·nes se poursuit impunément.

Pendant que Gaza est détruite sous les yeux du monde, à quelques kilomètres seulement, le Festival de Haïfa collabore pleinement avec les institutions responsables de ce massacre. Ce silence n’est pas neutre : il constitue une forme de complicité.

 

LE SILENCE EST UNE FORME DE COMPLICITÉ

L’État d’Israël mène activement une campagne de propagande politique pour présenter au monde une image respectable, le « Brand Israël », qui mobilise la culture comme outil de communication. Le festival de Haïfa participe de cette vitrine culturelle. Permettre la projection de votre film au Festival International du Film de Haïfa revient, de fait, à offrir une caution culturelle à un État accusé de génocide devant les plus hautes juridictions internationales. Alors que plus de 72 000 Palestinien·nes ont été tué·es à Gaza, dont des dizaines de milliers d’enfants, les institutions culturelles israéliennes poursuivent leurs activités comme si de rien n’était, tout en bénéficiant de la légitimité apportée par des artistes internationaux.

 

S’ENGAGER À NE PLUS COLLABORER

Des dizaines de milliers d’artistes à travers le monde, dont plus de 5500 professionnel·les du cinéma et de nombreuses figures internationales, se sont engagé·es à ne pas collaborer avec les institutions culturelles israéliennes complices. Des festivals majeurs et des milliers d’institutions culturelles ont rejoint cet appel. Plus de 50 documentaristes israélien·nes ont eux-mêmes soutenu le boycott international des institutions cinématographiques israéliennes complices.

Aujourd’hui, alors que le génocide se poursuit et que l’armée israélienne étend ses attaques à l’ensemble de la région, continuer à normaliser les institutions culturelles israéliennes n’est plus défendable. Chaque participation internationale sert à blanchir un système de violence coloniale et à maintenir l’illusion d’une normalité culturelle au coeur du crime.

En tant que collectif de cinéastes et travailleur.euses du cinéma oeuvrant pour une solidarité concrète envers le peuple palestinien, nous vous appelons à retirer immédiatement votre film et à répondre à l’appel de la société civile palestinienne. Refuser la normalisation est aujourd’hui une responsabilité éthique minimale.

L’histoire retiendra qui a choisi de détourner le regard — et qui a refusé d’être instrumentalisé pour donner un visage culturel à l’oppression.

 

La Palestine sauvera le cinéma
FRACBI
Septembre 2026

 

Pour prolonger, voir le guide pour refuser la complicité avec les festivals de cinéma israélien 

A lire également, la lettre adressée par des acteur.rices, cinéastes, technicien ·nes, producteur ·rices palestinien.nes, syrien.nes et libanais.es. (PDF à télécharger ici)