PAS DE CINÉMA SANS BOYCOTT
Nous prenons position en faveur du boycott culturel de l’État colonial d’Israël pour que cessent les crimes contre les Palestinien·nes et l’impunité et l’inaction qui les autorisent.
Nous appelons nos partenaires, festivals de cinéma et organisations culturelles mais aussi les salles, programmateur·trices, cinéastes, critiques, producteur·trices et travailleur.rices du cinéma, à rallier avec nous ce mouvement.
Cette campagne répond à l’appel lancé par la société civile palestinienne qui a initié, dès 2005, le mouvement « Boycott, Désinvestissement, Sanctions » (BDS), inspiré de la lutte contre l’Apartheid en Afrique du Sud. Le boycott est une stratégie de résistance et de lutte puissante, et le boycott culturel — porté par le volet académique et artistique de la campagne BDS, le Palestinian Academic and Cultural Boycott of Israel (PACBI) — en est un élément clé.
Le génocide perpétré à Gaza par l’État colonial d’Israël, avec le soutien actif de ses complices occidentaux, est sans doute l’un des moments les plus sombres du nettoyage ethnique de la Palestine mené depuis plus de 77 ans, mais n’en constitue ni le commencement ni le point final.
Le cessez-le-feu conclu en octobre 2025 ne change rien à cette situation quand les revendications du peuple palestinien sont claires et légitimes : fin de l’occupation et de la colonisation, démantèlement du système d’apartheid et droit au retour pour tous·tes les réfugié·es.
Nous dénonçons les nouvelles guerres en cours contre les peuples iraniens et libanais et les graves violations du droit international qu’elles constituent. L’absence de sanctions et l’impunité d’Israël dans l’anéantissement de Gaza et le génocide du peuple palestinien ont ouvert la voix à cette extension infinie de la guerre qui compte déjà des centaines de milliers de mort·es et de blessé·es et des millions de personnes déplacées de force.
Le champ culturel n’est pas seulement un espace de dialogue, de rencontres et de création. La culture est un instrument central de légitimation politique d’un État. Elle constitue ainsi une des vitrines principales de blanchiment et de normalisation par Israël de sa politique coloniale, en participant à la promotion de son image démocratique, libérale et critique. Mais comment légitimer la continuité des échanges culturels avec un État qui bafoue avec autant d’impunité le droit international ?
Le boycott culturel ne vise pas les travailleur·euses de la culture en tant qu’individus, ni les personnes en raison de leur nationalité : il cible les productions et événements soutenus ou financés par les institutions culturelles israéliennes complices du régime de colonisation et d’apartheid en Palestine. Il agit sur l’image et la légitimité d’un État.
C’est pour participer à cette pression nécessaire sur les institutions israéliennes que nous rejoignons la campagne PAS DE CINÉMA SANS BOYCOTT comme un engagement concret à ne pas collaborer avec l’État d’Israël ainsi que toutes les institutions et entreprises israéliennes complices.
Aussi, nous sommes convaincu·es que dans un contexte de montée de l’extrême droite et de menaces concrètes sur nos moyens de production et de création , la culture doit se penser non pas comme une sphère d’échanges et de dialogue détachée du réel, mais comme un espace d’organisation et d’action collectives. Une vraie politique de transformation sociale passe nécessairement par le champ de la culture. Notre engagement collectif en faveur du boycott est une première étape face à la nécessité urgente de résister ensemble.
NOS ENGAGEMENTS :
- Rendre publique notre participation au boycott culturel.
- Ne pas programmer ou diffuser de films financés et/ou produits avec le soutien d’institutions et d’organismes israéliens complices.
- Proposer des opportunités concrètes aux artistes et aux travailleur·euses de la culture palestinien·nes (visas, invitations, bourses, prix), programmer des films palestiniens et des événements qui participent à rendre visibles les récits palestiniens.
- Refuser de participer ou rompre les liens existants avec des événements et activités entièrement ou partiellement parrainés ou organisés par l’État israélien ou des organisations complices (exemples : Festival Doc Aviv, Festival du Film de Jérusalem). Les individus qui représentent
officiellement l’État israélien, ceux qui ont publiquement tenu des positions en soutien au génocide en cours ou qui ont combattu depuis octobre 2023 dans les rangs de l’armée israélienne ou contribué au massacre en cours, peuvent également être visés par la campagne.
- Se retirer des activités et collaborations en cours et rompre les liens avec les partenaires institutionnels israéliens (exemples : Israeli Film Fund, Ambassade d’Israël, CoPro – The Israeli Content Marketing Foundation, la société de radiodiffusion publique israélienne Kan).
- Ne pas participer à des initiatives où les perspectives israéliennes et palestiniennes sont présentées de façon symétrique, passant sous silence l’histoire de l’injustice et l’oppression structurelle et participant à la normalisation des politiques coloniales de l’État d’Israël.
- Diffuser autant que possible la campagne du boycott culturel dans notre secteur : organiser des formations sur le boycott culturel, accueillir des collectifs et organisations engagés dans des actions de visibilité du boycott culturel. Dénoncer et interpeller publiquement les institutions qui ne participent pas au boycott si elles organisent un événement avec des institutions israéliennes complices ou leurs représentants et engager avec elles des conversations critiques.
- Soutenir le boycott économique d’Israël, en évitant ou en rompant les partenariats existants avec des entreprises et des marques complices (exemples : AXA, BNP Paribas, Airbnb). De la même manière que des clauses existent sur les violences sexistes et sexuelles ou l’impact climatique des films, intégrer dans les contrats des clauses juridiques qui identifient les complicités à rompre (vous trouverez des exemples sur « Palestine Legal » ou « No Music For Genocide »).
- Ne pas arrêter de s’informer et de soutenir la lutte du peuple palestinien pour sa libération.
ARCHIVES:
- Le manifeste de Lussas – Août 2025 : texte et signataires
- Communiqué de l’AG – 23 août 2025 : texte
- La table-ronde Cinéma du Réel – 24 mars 2025 : brochure