PENSER ENSEMBLE LE BOYCOTT CULTUREL.
Débats, formations, projections
Marseille, 8 au 11 juillet 2026

Un événement de 4 jours pour réfléchir ensemble aux questions de résistance, de refus et de boycott dans le champ culturel en soutien à la Palestine : ouvrir des espaces de discussions, se donner des outils pour réfléchir et agir, rencontrer des collectifs mobilisés sur ces questions.
Proposé par le collectif La Palestine sauvera le cinéma et la Coordination Française du Boycott Universitaire, Culturel et Sportif d’Israël (FRACBI),
AvecCinema Siba, Cris écrits, Cultures en lutte 13, Decolonial Film Festival, éditions métèque, Festival Ciné-Palestine, Festival Les Instants vidéo, FID Off, La courte échelle.éditions transit, La BaaM, Lamalef, Le Gyptis, Le port a jauni, Les presses séparées de Marseille, Maan For Gaza, Mare, Ola Radio, Sawt Palestine, Shed Publishing, Tsedek!, Union Juive Française pour la Paix (UJFP), Union Palestine Marseille (UPM)
Toutes les discussions seront en français. Entrée libre (avec possibilité de donations), pas de réservation sauf indication particulière.
PROGRAMME
MERCREDI 8 JUILLET
17h
Triangle-Astérides
Friche La Belle de Mai, 41 Rue Jobin, 13003 Marseille
Visite de l’exposition « Jouer la montre » de Mona Benyamin
S’inspirant de codes qu’elle détourne, Mona Benyamin joue de registres comiques et tragiques pour raconter les récits de dépossession et de transmission intergénérationnelle des mémoires et traumas liés à l’expérience collective palestinienne. L’humour comme stratégie aussi esthétique que politique, un « espoir qui commence au présent et se projette dans le futur. » Curatrices Line Ajan et Camille Ramanana Rahary.
18h – 21h + repas
Friche La Belle de mai, 41 Rue Jobin, 13003 Marseille
Politiques du refus et espaces de résistance
18h
« Oui, le cinéma est politique »
Rencontre avec les cinéastes et travailleur.euses du cinéma signataires du texte dénonçant l’insistance du FID Marseille et plus largement des festivals de cinéma à produire une symétrie, dans leurs invitations et leurs programmations, entre productions palestiniennes et plus largement arabes, et israéliennes. « La priorité n’est pas celle de produire des images de coexistence, mais celle d’agir contre une réalité coloniale et génocidaire ». Pour ce geste politique de refus, les signataires de ce texte se sont retrouvés accusés d’essentialisme et de censure dans le monde du cinéma et de la culture et dans la presse française. En somme : on ne les a pas écouté.es. Pourquoi ? Quelles sont les idées et les positions politiques portées dans cette mobilisation ?
Avec Fatma Cherif (programmatrice), Aude Fourel (réalisatrice) et d’autres. Participation vidéo de Ghassan Salhab, Monica Maurer, etc.
Modération : Nadine Naous, collectif La Palestine sauvera le Cinéma
Texte de la mobilisation Oui le cinéma est politique
19h30
Fabriquer une programmation politique
Contester les scènes, construire des fronts, ouvrir des espaces de résistance, venir avec nos termes
« Les récits palestiniens, les archives des luttes arabes et la mémoire des peuples colonisés ne peuvent être mobilisés comme de simples signes d’ouverture qui alimentent la bonne conscience. Le courage politique ne se mesure pas au nombre ni aux films programmés, mais à la capacité de prendre acte des rapports de pouvoir » (texte Oui le cinéma est politique). Les festivals et cinémas sont aussi des espaces de solidarité aux luttes des peuples et des opprimé.es, et notamment des luttes de libération palestinienne contre le colonialisme.
Comment définir un cinéma décolonial ? Peut-on programmer un cinéma politique, sans remettre en question nos structures et nos complicités ? Comment s’imposer (avec nos scènes, nos termes, nos fronts) face aux risques de capitalisation sur les esthétiques des luttes ? Comment construire des espaces capables de repenser les conditions dans lesquelles s’inscrivent nos gestes de programmation ? Comment imposer des rapports de force et sortir des postures morales pour aller vers le politique ?
Avec Maya Boukella (Decolonial Film Festival), Sam Leter et Pauline Pénichout (Tsedek!), Anaïs Farine et Susanne Abu Ghaida (Festival Ciné-Palestine), Mathilde Rouxel (Association Jocelyne Saab), Charlie Andriol (Videodrome 2), Meriem Rahbiet Coline Costes(FID OFF).
Modération : Samy Benammar, cinéaste et programmateur indépendant
Discussion ouverte avec la salle et d’autres collectifs et programmateur.ices présent.es.
21h Repas palestinien proposé par Sawt Palestine (10 euros), en soutien à l’association Sawt Palestine
JEUDI 9 JUILLET
14h-18h
SHED Publishing, 9 rue Albert Chabanon, 13006
Formation au boycott culturel : Répondre à l’appel palestinien, comprendre le boycott culturel
Impact, enjeux et stratégies
Une décennie après les accords d’Oslo, et face à la colonisation, à l’apartheid et au nettoyage ethnique qui continuent en Palestine, de nombreuses organisations palestiniennes appellent à construire un mouvement de solidarité internationale capable d’exercer une pression effective sur Israël : ce sont les campagnes du PACBI (Palestinian Academic and Cultural campaign Boycott of Israel) en 2004 puis la campagne BDS générale (Boycott Désinvestissement Sanctions) en 2005.
Nous devons collectivement nous organiser pour répondre à l’appel du PACBI et contraindre Israël à respecter les droits des Palestinien·nes. Cette initiative est d’autant plus nécessaire que la culture constitue une des vitrines principales de blanchiment et de normalisation par Israël de sa politique coloniale, en participant à la promotion de son image démocratique, libérale et critique. Le boycott culturel, qui suscite beaucoup de questions et de doutes, répond à cette stratégie de normalisation.
Ouverte aux cinéastes, artistes, travailleur·euses de la culture, aux militant.es et à tou.tes personnes intéressées, cette formation propose de comprendre les principes du boycott culturel, ses enjeux politiques et de discuter des stratégies pour mener des campagnes efficaces. Il proposera également un éclairage sur les règles et les modalités du boycott dans le domaine du cinéma, à travers une lecture guidée des directives PACBI ainsi qu’une analyse d’exemples concrets.
Cette formation sera assurée par des membres du FRACBI (Coordination Française pour le boycott universitaire, culturel et sportif d’Israël), crée en 2026 par des militant·es BDS, artistes, universitaires, personnels de l’éducation et sportives, qui œuvre à coordonner les actions de boycott dans ces secteurs.
Avec Monira Moon, militante antiraciste et décoloniale, et Eyal Sivan, producteur et cinéaste, membres du FRACBI.
19h
SHED Publishing, 9 rue Albert Chabanon, 13006
Lancement du nouveau numéro de La Pastèque : « Les blessures résistent : politiques de la mutilation »
Présentation du troisième numéro de La Pastèque, journal porté par un collectif de maisons d’édition francophones signataires de l’appel de Publishers for Palestine. Ce nouveau tirage aborde la libération de la Palestine du point de vue de la santé, enjeu de lutte politique et communautaire anticoloniale.
« Œuvrant dans le milieu de l’édition au sein de grands groupes commerciaux ou de maisons indépendantes, nous dénonçons la complicité de celles et ceux dont la peur, le silence ou la capitulation face aux pressions de l’occupation israélienne, des donateurs, des bailleurs de fonds et des gouvernements impérialistes permet ou cautionne une telle répression. Nous condamnons la surveillance et la censure des écrivain·es, l’intimidation et le harcèlement des libraires et des professionnel·les de l’édition solidaires des Palestinien·nes. L’édition, pour nous, est d’abord et avant tout l’exercice de la liberté, de l’expression culturelle et de la résistance. En tant qu’éditeurs et éditrices, nous nous engageons à créer des espaces pour les voix créatives et critiques palestiniennes et pour celleux qui luttent collectivement contre l’impérialisme, le sionisme et le colonialisme de peuplement. Nous défendons notre droit de publier, d’éditer, de distribuer, de partager et de débattre d’œuvres appelant à la libération palestinienne sans récrimination. Nous savons que tel est notre rôle dans la résistance. »
21h
Studio théâtre, 43 rue curiol, 13001
Projections FID Off (informations à venir)
VENDREDI 10 JUILLET
17h-18h30
Kiosque, Réformés
Table de documentation, affichage, projections.
19h
Projections (informations à venir)
SAMEDI 11 JUILLET
14h30 – 17h30
LIEU À CONFIRMER
Pourquoi boycotter la culture ?
Discussions – Rencontres
Pourquoi les opprimé·es sont-ils contraints de justifier le recours au boycott — leur seul moyen pacifique de se faire entendre ? Pourquoi les institutions culturelles européennes, et notamment le monde du cinéma en France, trouvent-elles si problématiques les appels au refus lancés par les artistes palestinien·nes et leurs soutiens ?
Comment le boycott peut-il être considéré comme une politique d’État légitime (par exemple contre la Russie, l’Iran ou l’Afrique du Sud), tout en étant simultanément condamné comme une forme de censure et une atteinte à la liberté d’expression lorsqu’il est utilisé par les Palestinien·nes ? En quoi n’entrave-il pas la liberté de création ou de diffusion mais constitue-t-il, au contraire, un choix politique et éthique essentiel en ces temps de génocide et de guerres impérialistes ? En quoi pourrait-il être une proposition de méthode pour faire de la culture un espace d’organisation et d’action collectives contre la fascisation en cours ?
Lutter contre une réalité coloniale, déconstruire les regards et les systèmes, combattre les rapports de dominations.
Avec
En introduction, une vidéo de Saleh Bakri, comédien de théâtre et de cinéma, Palestinien de 48, qui vient d’une grande famille d’artistes palestiniens
Avec
Sbeih Sbeih, sociologue et chercheur palestinien, chercheur associé à l’IREMAM. Il a travaillé sur la professionalisation du monde associatif en Palestine ainsi que sur les questions culturelles comme la littérature et l’art performatif.
Samah Karaki, neuroscientifique et autrice de l’ouvrage Contre les figures d’autorité sur la sacralisation de l’auteur au profit d’un système de domination capitaliste et colonial.
BDS une campagne de résistance à l’appel des palestinien.nes. Pourquoi boycotter la culture ?
Avec
Michèle Sibony, membre de l’Union Juive Française pour la Paix (UJFP) et membre fondatrice de la Campagne BDS France (à confirmer)
Eyal Sivan, cinéaste et producteur, membre fondateur du FRACBI
Répression du boycott, censure et « cancel culture »
Avec
Rafik Chekkat, avocat, auteur de La Palestine en procès (à paraitre aux éditions Wildproject, oct 2026)
Discussion avec le public
A partir de 20h
Studio théâtre, 43 rue Curiol, 13001
Performance et soirée FID Off (informations à venir)